Cinq voiles, deux bouées, une bande de terre

II

La marée est haute, le soleil est sur le déclin. Les bateaux, l'un après l'autre rentrent au port. Le rituel semble immuable. Venant du nord, ils s'enroulent à peine autour du phare  et se laissent porter jusqu'à la digue opposée. Baisser les gaz à l'entrée du port. Emporté par son élan le nez du bateau s'enfonce doucement dans l'eau. Soulevé par cette vague, il semble soudain comme en apesanteur. Oubliés le poids du navire, des machines. Se peut-il qu'il se transforme finalement en albatros ? Bien trop vite, le capitaine nous ramène à la raison. Le bateau reprend son rythme et s'enfonce doucement dans les profondeurs du port de Fécamp.
A son bord les hommes ont hâte de rentrer. La journée a été froide. De ce froid pressent qui s'insinue sous les cirés. De ce froid qui n'autorise pas le moindre confort, qui ne vous lâche plus une fois qu'il vous a pris, qui, malgré les efforts, ne vous laisse pas de doute. Il aura toujours raison.
Aujourd'hui, la mer était calme.

Nuages d'automne

Les nuages avaient décidé de sortir en troupeaux... plus ou moins denses... plus ou moins éloignés. De ces troupeaux qui rythment les journées. Soleil, ombre, ombre, ombre, soleil encore. Le long de la rive, les arbres voyaient leur chevelure changer au rythme de cette partie de cache-cache entre le soleil et les nuages.
J'étais déjà accroupi, les mains dans mon appareil photo, lorsqu'il se plaça à mes côtés, à l'arrêt, l’œil fixe, les muscles tendus, imperturbable. Avait-il seulement fait attention à ma présence tant il était absorbé par ses cibles pourtant si lointaines. Le chien resta comme cela quelques minutes, immobile, absorbé par ces oiseaux qu'il avait appris à chasser depuis si longtemps. Il reparti à peu près aussi vite qu'il était arrivé, sans prévenir, sans enfant pour jouer avec lui, sans maitre pour l'appeler.

Port de Saint-Valery-En-Caux

En cet après-midi ensoleillée de la mi-automne, le port de Saint-Valéry-En-Caux est particulièrement calme. Encaissé entre ses petites collines, il est pas balayé par ce petit vent froid qui vous chatouille les côtes lorsque vous vous promenez sur la plage.
Seul les patients et mon appareil photo captent les légères oscillations des mats devant eux.
Derrière moi, les mouettes lorgnent avec avidité sur les étalages de poisson des pêcheurs locaux.

Aller plus loin

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